DÉFINITION Histoire · familles de produits Lexique de A à Z
Mercerie
Qu'est-ce que la mercerie ?
Définition, histoire, ce qu'on y trouve

Le mot désigne à la fois une famille de produits (tout ce qui sert à coudre, tricoter, broder, sauf le tissu lui-même) et la boutique qui les vend. Ce guide explique d'où il vient, ce qu'il recouvre exactement, comment une mercerie est organisée, et donne le vocabulaire pour s'y retrouver.

Fournitures de mercerie disposées sur une table : bobines de fil, boutons, fermetures à glissière, rubans, ciseaux, aiguilles et mètre ruban
EN BREF

La mercerie, c'est l'ensemble des petites fournitures de couture, de tricot, de crochet et de broderie : fils, aiguilles, épingles, boutons, fermetures, rubans, biais, élastiques, entoilages, ciseaux, outils de mesure et de marquage, patrons. Le tissu n'en fait pas partie au sens strict, mais presque toutes les merceries en vendent. Le mot vient de mercier, le marchand médiéval qui vendait de tout sans rien fabriquer, et s'est spécialisé dans la couture au XIXe siècle.

Définition : un mot, deux sens

La mercerie, ce sont des produits
« Un article de mercerie », « un rayon mercerie » : tout ce qui sert à assembler, fermer, finir et entretenir un ouvrage textile, sans être le textile lui-même. Le fil, l'aiguille, le bouton, la fermeture, le biais, l'élastique, l'entoilage, le ciseau, le mètre ruban. Petit, précis, indispensable.
Une mercerie, c'est une boutique
Le commerce qui vend ces fournitures, tenu par un mercier ou une mercière. Historiquement une boutique de quartier avec ses tiroirs de boutons ; aujourd'hui aussi un site marchand. Une mercerie « complète » ajoute le tissu, le tricot, la broderie et les machines à coudre.

En anglais, la mercerie se dit haberdashery au Royaume-Uni et notions aux États-Unis, ce dernier mot disant bien de quoi il s'agit : des petites choses, en grand nombre.

D'où vient le mot : du mercier médiéval à la mercerie de quartier

Le mot vient du latin merx, la marchandise, celui qui a aussi donné « marché » et « commerce ». Au Moyen Âge, le mercier est un marchand qui achète et revend sans fabriquer : étoffes, rubans, épices, quincaillerie, parfois tout à la fois. La corporation des merciers de Paris, l'une des plus puissantes du royaume, avait pour devise « marchand de tout, faiseur de rien », par opposition aux artisans qui fabriquaient ce qu'ils vendaient.

Le sens se resserre au XIXe siècle. La machine à coudre domestique se diffuse à partir des années 1850, les patrons en papier apparaissent, et la couture à la maison devient une activité de masse : il faut des boutiques pour le fil, les aiguilles, les boutons et les garnitures. La mercerie de quartier, avec ses tiroirs à boutons et ses cartes de fil, est née de là, et le mot ne désigne plus que ça.

Le mot mercerisé, que vous lisez sur les pelotes de coton, n'a rien à voir : il vient de John Mercer, le chimiste anglais qui a inventé en 1844 le traitement à la soude qui rend le coton brillant et solide. Nous en parlons dans le guide du coton à crocheter.

Ce qu'on trouve dans une mercerie : les sept familles

Chaque famille correspond à une étape de la couture : mesurer et couper, assembler, fermer, finir, structurer. C'est ainsi qu'une mercerie s'organise, en boutique comme en ligne.

1. Les fils
Fil à coudre polyester ou coton, fil à surjeter, fil à bâtir, fil extra-fort pour le jean et le cuir, fil à broder (mouliné, perlé), fil à quilter, fil élastique. Le choix se fait par matière et grosseur : voir quel fil à coudre choisir.
2. Les aiguilles et épingles
Aiguilles de machine (universelle, jersey, stretch, microtex, jean, cuir, double), aiguilles à main, à broder, à laine, épingles, pinces, dés à coudre. Le numéro de l'aiguille suit le poids du tissu.
3. Les boutons et fermetures
Boutons (à trous, à pied, à recouvrir), boutons-pression, fermetures à glissière (invisible, séparable, au mètre), agrafes, œillets, rivets, bandes auto-agrippantes, fermoirs de sac. Tout ce qui ouvre et ferme.
4. La rubanerie : rubans, biais, élastiques, galons
Biais, passepoil, élastiques (plat, rond, lingerie, boutonnière), rubans (satin, gros-grain, sergé), galons, dentelles, sangles, cordons, franges, pompons. La famille des finitions et des bords.
5. Les entoilages et thermocollants
Entoilage tissé, non tissé ou tricoté (Vlieseline), molleton, ouate, ruban thermocollant, toile à patron. Ce qui donne de la tenue aux cols, ceintures et parementures sans se voir.
6. Les outils : couper, mesurer, marquer, presser
Ciseaux de couture et cranteurs, cutter rotatif et tapis, découd-vite, mètre ruban, règles, craies et feutres, papier carbone, roulette, poids pour patrons, mannequin, et le matériel de repassage.
7. Les patrons
Patrons de couture pochette ou PDF (Burda, Vogue, McCall's, Butterick, Ikatee, Maison Fauve…), papier à patron, livres. Historiquement vendus en mercerie depuis l'origine des patrons imprimés.

Autour de ces sept familles, une mercerie complète ajoute le tricot et le crochet (laines, aiguilles, crochets), la broderie (toiles, fils, tambours, kits), les tissus au mètre, les machines à coudre, surjeteuses et brodeuses, et l'entretien du textile (teinture, lessives spéciales, rase-pull).

Vous débutez ? Sept familles, c'est beaucoup. Dix objets suffisent pour coudre un premier vêtement : quel matériel pour débuter la couture, dans l'ordre, avec le budget.

Mercerie, tissus, loisirs créatifs : les frontières

Commerce Ce qu'il vend Ce qui le distingue
Mercerie Fournitures de couture, tricot, crochet, broderie Le savoir-faire : conseiller le bon fil, la bonne aiguille, la bonne fermeture pour un projet précis
Marchand de tissus Étoffes au mètre, habillement et ameublement La matière ; la mercerie y est souvent un rayon d'appoint
Loisirs créatifs Papeterie, perles, peinture, pâte à modeler, kits, un peu de fil La largeur plutôt que la profondeur : on y trouve du fil, pas trente grosseurs de fil
Passementerie Galons, franges, glands, cordelières, embrasses Une spécialité de la mercerie, tournée vers l'ameublement et le costume
Bonneterie Articles en maille : bas, chaussettes, sous-vêtements Souvent associée à la mercerie sur les enseignes anciennes (« mercerie-bonneterie »), mais ce sont des produits finis

La frontière la plus utile : le tissu, c'est ce dont le vêtement est fait ; la mercerie, c'est tout ce qui permet de le faire. Une couturière achète son tissu une fois par projet et sa mercerie en continu.

La mercerie fine

L'expression désigne les fournitures de qualité supérieure ou de fabrication traditionnelle, par opposition à la mercerie courante en plastique et en polyester. Elle recouvre :

  • les boutons en matières naturelles : nacre, corozo (la noix d'un palmier), corne, bois, cuir, métal gravé ;
  • les galons, dentelles et rubans tissés ou brodés, la passementerie, les rubans de soie et de velours ;
  • les outils de coutellerie : ciseaux forgés, aiguilles de fabrication européenne ou japonaise, dés en laiton ;
  • les fils nobles : soie, lin, coton d'Égypte à broder.

Le bouton de nacre et le galon tissé ne changent pas la coupe d'un vêtement, mais ce sont eux qui le font paraître fait par un professionnel. C'est le domaine où l'on reconnaît une mercerie qui choisit ses fournisseurs.

Mercerie fine : boutons de nacre et de corozo, galons tissés et rubans de soie dans un tiroir de mercerie

Mercerie en boutique et mercerie en ligne

La boutique
On touche le tissu, on pose le bouton sur l'étoffe, on demande conseil, on repart avec. Le nombre de merceries indépendantes a beaucoup baissé depuis les années 1980 ; celles qui restent vivent sur le conseil et l'atelier.
La mercerie en ligne
Un choix qu'aucune boutique ne peut stocker (des centaines de coloris de fil, toutes les marques de patrons, les aiguilles spéciales), un stock permanent, la livraison. Ce qui remplace le toucher : des fiches complètes (composition, poids, laize, aiguille et fil recommandés), des photos fidèles, des guides et un service client qui connaît la couture.

Les deux se complètent. Ce qui fait une bonne mercerie, en ligne comme en boutique, n'a pas changé depuis le mercier médiéval : elle vend de tout, et elle sait à quoi ça sert.

Lexique de la mercerie, de A à Z

Les mots qu'on lit sur les étiquettes et dans les patrons, avec leur sens en mercerie.

Agrafe Fermeture métallique en deux parties (crochet et boucle), pour les ceintures de jupe et les hauts de fermeture à glissière.
Aiguille (numéro) Pour la machine, le numéro (60 à 120) est le diamètre en centièmes de millimètre : 70 pour un voile, 90 pour un coton moyen, 100 pour le jean. Pour la main, c'est l'inverse : plus le numéro est haut, plus l'aiguille est fine.
Biais Bande de tissu coupée à 45° du droit-fil, donc souple, pliée et repassée, pour border ou finir un bord. Le biais « préplié » est vendu au mètre.
Bord-côte Maille très élastique vendue au mètre ou en tube, pour les poignets, cols et bas de sweat.
Bouton-pression Fermeture à clipser en deux parties, à coudre ou à poser à la pince (Prym, KAM). En métal, en plastique ou en résine.
Canette Petite bobine placée sous la plaque de la machine, qui porte le fil du dessous. Sa forme dépend de la machine.
Corozo Noix d'un palmier d'Amérique du Sud, dure et blanche, qui se teint et se tourne comme l'ivoire : la matière des boutons de qualité.
Craie et feutre effaçable Outils de marquage : craie tailleur, crayon, feutre effaçable à l'eau ou à l'air, feutre thermosensible (Frixion).
Découd-vite Petit outil à lame en U pour couper les points d'une couture à défaire.
Droit-fil Sens des fils de chaîne, parallèle à la lisière. Le patron l'indique par une flèche ; un tissu coupé hors droit-fil vrille.
Élastique Plat (ceintures, en tunnel), rond (chapeaux), lingerie (bord picot), boutonnière (réglable), tressé ou tricoté. Se mesure au tour de taille moins 5 à 10 %.
Entoilage, thermocollant Textile de renfort collé au fer (thermocollant) ou cousu (à coudre) sur l'envers pour donner de la tenue. Vlieseline est la marque de référence.
Fermeture à glissière Ou fermeture éclair (marque devenue nom commun). Non séparable (jupes, pantalons), séparable (vestes), invisible (robes), au mètre avec curseurs à poser. Maille nylon, plastique moulé ou métal.
Galon Ruban décoratif tissé, brodé ou tressé, cousu en surface. La passementerie en est la version ameublement.
Gros-grain Ruban à côtes transversales, ferme, qui ne s'étire pas : ceintures, cravates, renfort de boutonnière.
Jeannette Mini planche à repasser étroite sur pied, pour les manches et les jambes.
Laize Largeur d'un tissu de lisière à lisière, en général 110, 140 ou 150 cm. Elle détermine le métrage à acheter.
Mercerisé Coton traité à la soude pour être brillant, lisse et solide. Du nom du chimiste John Mercer, sans lien avec le mot mercerie.
Œillet Anneau métallique serti dans le tissu pour passer un lacet ou un cordon. Se pose à la pince ou au marteau avec un outil.
Passepoil Biais replié sur un cordon, inséré dans une couture pour souligner un bord d'un liseré en relief.
Pattemouille Linge de coton fin placé entre le fer et le tissu pour protéger des brillances et ajouter de la vapeur.
Pied-de-biche Pièce de la machine qui maintient le tissu sur les griffes. Il en existe pour chaque tâche : fermeture invisible, ourlet, boutonnière, passepoil, double entraînement.
Ruban sergé Ruban de coton tissé en diagonale, mat et solide : cordons de tablier, étiquettes, renfort d'épaule.
Surjet, surjeteuse Point qui enveloppe le bord d'un tissu pour l'empêcher de s'effilocher. La surjeteuse coupe, assemble et surfile en une passe avec 3 ou 4 fils.
Titrage du fil Grosseur du fil. Chez Gütermann et Mettler, le numéro (100, 120, 30…) est d'autant plus grand que le fil est fin : 100 pour tout coudre, 30 pour surpiquer.
Toile à patron Coton écru bon marché pour monter un vêtement d'essai avant de couper le vrai tissu.
Valeur de couture (marge) Distance entre le bord du tissu et la ligne de piqûre, en général 1 à 1,5 cm. Incluse ou non dans le patron selon les éditeurs.
Zip Anglicisme pour fermeture à glissière. Le « curseur » est la partie mobile, la « tirette » ce qu'on tient.

Pour les termes de tricot et de crochet en français, anglais et allemand, voir le lexique tricot-crochet.

Rascol, mercerie depuis 1974

Mercerie Rascol a été fondée en 1974 à Montpellier, Cours Gambetta, et est installée depuis 2013 à Vic-la-Gardiole, dans l'Hérault. Entreprise familiale dirigée par la troisième génération, elle emploie 40 personnes et propose plus de 50 000 références en couture, tricot, broderie et machines à coudre, en ligne depuis 2000. Mercerie complète, elle couvre les sept familles ci-dessus et développe ses propres outils sous la marque Rascol. Les guides que vous lisez ici sont écrits par l'équipe à partir des questions du service client.

FAQ — La mercerie

Qu'est-ce que la mercerie ?

L'ensemble des petites fournitures de couture, tricot, crochet et broderie : fils, aiguilles, épingles, boutons, fermetures, rubans, biais, élastiques, entoilages, ciseaux et outils de mesure. Par extension, la boutique qui les vend. Le tissu au mètre n'en fait pas partie au sens strict, mais la plupart des merceries en proposent.

D'où vient le mot mercerie ?

Du latin merx, la marchandise, qui a donné mercier : au Moyen Âge, le marchand qui vend de tout sans fabriquer, « marchand de tout, faiseur de rien ». Le mot s'est spécialisé dans la couture au XIXe siècle, avec la machine à coudre domestique.

Quelle différence entre mercerie et tissus ?

Le tissu est la matière du vêtement ; la mercerie, tout ce qui sert à le couper, l'assembler, le fermer et le finir. Beaucoup de boutiques font les deux, et le mot mercerie désigne alors l'ensemble.

Que trouve-t-on dans une mercerie ?

Sept familles : fils ; aiguilles et épingles ; boutons et fermetures ; rubans, biais et élastiques ; entoilages ; outils de coupe, de mesure, de marquage et de repassage ; patrons. Plus, selon les boutiques, le tricot et le crochet, la broderie, les tissus et les machines.

Qu'appelle-t-on la mercerie fine ?

Les fournitures de qualité supérieure ou de fabrication traditionnelle : boutons en nacre, corozo ou corne, galons tissés, dentelles, rubans de soie, passementerie, ciseaux et aiguilles de coutellerie. Par opposition à la mercerie courante en plastique et polyester.

Mercerie en ligne ou en boutique ?

La boutique pour toucher et assortir à l'œil ; la mercerie en ligne pour le choix, les marques spécialisées et le stock permanent, à condition que les fiches donnent compositions, dimensions et conseils. Les deux se complètent.

Le mot de l'équipe Rascol

« Marchand de tout, faiseur de rien » : la devise des merciers a cinq siècles et elle est toujours juste, à un mot près. Une mercerie ne fabrique pas le vêtement, mais elle sait comment il se fait. C'est ce savoir-là, le bon fil pour ce tissu, la bonne fermeture pour cette robe, que nous essayons de mettre dans chaque fiche et chaque guide.

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